Il se pencha, tira le cadavre par le bras qui pendait là, et ne tressaillit pas en reconnaissant Chun. Le défunt avait l’air paisible. Pas de crispation douloureuse. Une mort... naturelle...
— Fini ?... articula l’Américain qui n’avait pas l’habitude de voir des morts.
— C’est aux Indes que les fakirs s’enterrent pour y jouir des effets et des causes, pas en Mongolie, répliqua sèchement l’interprête.
Fu-Tsing se trouvait là aussi. Il regardait le mort avec consternation.
— L’équipe numéro 2, c’est la mienne !
Un temps, puis en crachant un peu de poussière :
— C’était mon meilleur ouvrier, murmura-t-il, en guise d’éloge funèbre.
Un silence. Chacun regardait en douce... Nekcmann, qui avait repris le contrôle de soi, fit entre ses dents :
— Il a dû avoir un accident. Il a glissé du haut du cratère et s’est cassé le cou !
Akgor leva les yeux :
— Ce trou n’a que trois mètres de profondeur. Trois mètres seulement.
— C’est parfois suffisant ! assura l’Américain en s’accroupissant. Mais il n’y croyait pas non plus...
Fâcheux détail, que cette terre qui recouvrait le cadavre.