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Université Paris Dauphine DEMI2E 2e année Année 2010-2011 Calcul différentiel et optimisation I ... PDF

107 Pages·2011·0.62 MB·French
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Universit´e Paris Dauphine DEMI2E 2e ann´ee Ann´ee 2010-2011 Calcul diff´erentiel et optimisation I Fran¸cois BOLLEY 3 Chapitre 1 - L’espace Rn Soit R l’ensemble des nombres r´eels. Cet ensemble R est muni de structures alg´ebrique et topologique construites `a partir des op´erations d’addition x+y et de multiplication xy, de la valeur absolue x et de la relation d’ordre x y avec les propri´et´es et notations | | ≤ classiques que l’on ne rappellera pas. Dans le cadre de ces structures on a ´etudi´e certains aspects des fonctions d’une variable r´eelle `a valeurs r´eelles f : U R R : x f(x). ⊂ → 7→ Pour n 1, soit Rn l’ensemble des n-uplets de nombres r´eels de la forme ≥ x = (x ,...,x ) 1 n ou` x ,...,x sont des nombres r´eels appel´es les composantes de x. 1 n Onse propose d’´etudier dans ce cours certains aspects des fonctions de nvariables r´eelles `a valeurs vectorielles f : U Rn Rp : x f(x) ⊂ → 7→ etpourceladanscepremierchapitre,onvad´efinirsurcesensembles Rn etRp desstructures qui prolongent les structures de l’ensemble R. 1. Propri´et´es alg´ebriques de Rn 1.1. Structure d’espace vectoriel sur Rn Pour x et y Rn on d´efinit ∈ x+y = (x +y ,...,x +y ) 1 1 n n que l’on appelle l’addition de x et y, et pour x Rn et λ R on d´efinit ∈ ∈ λx = (λx ,...,λx ) 1 n que l’on appelle la multiplication de x par le scalaire λ. Pour i = 1,...,n on d´efinit l’´el´ement e de Rn de composantes e = 0 si j = i et e = 1. i ij ii 6 Proposition 1. Muni des deux op´erations d’addition et de multiplication par un scalaire, l’ensemble Rn est un espace vectoriel sur le corps R de dimension n dont une base, dite base canonique, est form´ee par la famille e ,...,e . 1 n { } L’´el´ement neutre pour l’addition (0,...,0) sera not´e simplement 0 et un ´el´ement de Rn sera appel´e soit un vecteur, soit un point. Tout ´el´ement x de Rn se d´ecompose donc de mani`ere unique sous la forme x = x e +...+x e 1 1 n n pour des cœfficients r´eels x ,...,x : ces cœfficients x sont en fait les composantes de x 1 n i qu’on appellera aussi les composantes de x sur la base canonique de Rn. 4 Ainsi un ´el´ement x de Rn sera repr´esent´e suivant le contexte - soit par ses composantes sous la forme du n-uplet x = (x ,...,x ) 1 n - soit par sa d´ecomposition sur la base canonique de Rn sous la forme de la combinaison lin´eaire x = x e +...+x e . 1 1 n n 1.2. Applications lin´eaires Aveclastructurealg´ebriquedeRn d´efiniepr´ec´edemment, lesapplicationslin´eairesjouent un rˆole particulier. D´efinition 2. Une application f de Rn dans Rp est dite lin´eaire si pour x, y Rn et λ R on a ∈ ∈ f(x+y) = f(x)+f(y) f(λx) = λf(x). Une application lin´eaire de Rn dans R est dite une forme lin´eaire. L’ensemble des applications lin´eaires de Rn dans Rp est not´e (Rn,Rp). L La lin´earit´e est conserv´ee par les op´erations de multiplication par un scalaire, d’addition, de composition et d’inversion des applications lin´eaires. Pour l’inversibilit´e on a le r´esultat particulier suivant : Proposition 3. Une application lin´eaire f de Rn dans Rn est bijective si et seulement si elle est injective, et si et seulement si elle est surjective. Dans ce cas l’application inverse, dite aussi r´eciproque, f−1 est alors une application lin´eaire de Rn sur Rn, et on dit que f est inversible ou est un isomorphisme de Rn sur Rn. L’application inverse f−1 est l’unique application g de Rn dans Rn telle que f g = g f = Id ◦ ◦ ou` Id est l’application identit´e de Rn dans Rn. 1.3. Matrices Une matrice A de taille (p,n) est un tableau `a p lignes et n colonnes de cœfficients r´eels de la forme A ... A 11 1n . . . A = .. .. ..   A ... A p1 pn qu’on note aussi   A = A ou A = A ij i=1,...,p ij j=1,...,n le premier indice i ´etant celui de (cid:2)la lig(cid:3)ne et le second j c(cid:2)elui(cid:3)de la colonne. 5 On d´efinit les op´erations de multiplication par un scalaire, d’addition, de multiplication et d’inversion des matrices. En particulier le produit d’une matrice A de taille (p,n) et d’une matrice B de taille (n,q) est la matrice not´ee AB de taille (p,q) dont les cœfficients sont d´efinis par n (AB) = A B . ij ik kj k=1 X Exemple. Etant donn´ees une matrice colonne X de taille (n,1) de la forme x 1 . X = ..   x n   et une matrice A de taille (p,n), la matrice produit AX est la matrice colonne de taille (p,1) donn´ee par A x +...+A x 11 1 1n n . AX = .. .   A x +...+A x p1 1 pn n   Quant `a l’inversibilit´e des matrices, en notant I la matrice unit´e de taille (n,n) telle que I = 0 pour i = j et I = 1, on pose la d´efinition suivante : ij ii 6 D´efinition 4. Une matrice A de taille (n,n) est dite inversible s’il existe une matrice B de taille (n,n) telle que AB = BA = I. La matrice B est alors unique, not´ee A−1 et appel´ee inverse de A. Cette propri´et´e peut se traduire `a l’aide du d´eterminant de la matrice A. Le d´eterminant d’une matrice A de taille (n,n) est le nombre r´eel not´e d´etA et d´efini par d´etA = ε A ...A σ σ(1)1 σ(n)n σX∈Σn ou` Σ est le groupe des permutations de l’ensemble 1,...,n et ε est la signature de la n σ { } permutation σ. Proposition 5. Une matrice A de taille (n,n) est inversible si et seulement si d´etA = 0. 6 Dans ce cas, la matrice inverse est donn´ee par A−1 = d´etA −1A˜ ou` A˜ est la matrice de taille (n,n) de cœ(cid:0)fficien(cid:1)ts A˜ij = ( 1)i+jd´etaji et ou` aji est la − matrice de taille (n 1,n 1) obtenue en supprimant la ligne j et la colonne i de la − − matrice A . 6 1.4. Repr´esentations matricielles On convient d’identifier le vecteur (x ,...,x ) de Rn et la matrice colonne de taille (n,1) 1 n x 1 . . .   x n   et de dire que cette matrice colonne est la repr´esentation matricielle du vecteur (x ,...,x ) 1 n de Rn relativement `a la base canonique de Rn. Suivant le contexte, on pourra noter par la mˆeme lettre x soit le n-uplet (x ,...,x ) de 1 n Rn, soit la matrice colonne de taille (n,1) x 1 . . .   x n   et onpourra utiliser la repr´esentation matricielle duvecteur `ala placeduvecteur lui-mˆeme. Onnotepluspr´ecis´ement en; j = 1,...,n labasecanoniquedeRn et ep; i = 1,...,p la base canonique de Rp. { j } { i } Si y pour j = 1,...,n sont n vecteurs de Rp de composantes A pour i = 1,...,p dans la j ij base ep; i = 1,...,p de Rp, c’est-`a-dire de la forme { i } p y = A ep j ij i i=1 X on note A la matrice A = A appel´ee la matrice repr´esentative de la famille ij i=1,...,p j=1,...,n y ,...,y dans la base ep; i = 1,...,p de Rp. { 1 n} { i (cid:2) (cid:3) } Sixest unvecteur deRn et f une applicationlin´eaire deRn dans Rp,ona parla lin´earit´e de f n p n f(x) = x f(en) = A x ep j j ij j i j=1 i=1 j=1 X X(cid:0)X (cid:1) ou` pour j = 1,...,n, on a not´e pour i = 1,...,p A = f(en) ij j i les p composantes du vecteur f(en) de Rp su(cid:0)r la ba(cid:1)se canonique ep; i = 1,...,p de Rp. j { i } Autrement dit la matrice A = A est la matrice repr´esentative de la famille ij i=1,...,p j=1,...,n f(en), ,f(en) dans la base ep; i = 1,...,p de Rp. { 1 ··· n } { i(cid:2) (cid:3) } Par cons´equent l’application f est d´etermin´ee de fac¸on unique par la matrice A de taille (p,n) dont les cœfficients sont ces A . ij On peut donc ´enoncer : 7 Proposition 6. Soit f une application lin´eaire de Rn dans Rp. Alors il existe une unique matrice A de taille (p,n) telle que pour x Rn la matrice produit Ax est la repr´esentation matricielle du vecteur f(x) de Rp relativem∈ent `a la base canonique de Rp. Cette matrice A est appel´ee la matrice repr´esentative de l’application lin´eaire f relati- vement aux bases canoniques de Rn et de Rp. Autrement dit on pourra noter A x +...+A x 11 1 1n n . f(x) = Ax = .. .   A x +...+A x p1 1 pn n   Notant de fac¸on g´en´erale A(f) la matrice repr´esentative de l’application lin´eaire f, on a dans des cadres convenables 1 - A(λf) = λA(f), 2 - A(f +g) = A(f)+A(g), 3 - A(f g) = A(f)A(g), 4 - f est◦un isomorphisme de Rn sur Rn si et seulement si A(f) est inversible, et dans ce cas A(f−1) = A(f) −1. (cid:0) (cid:1) 1.5. Formes bilin´eaires - Formes quadratiques D´efinition 7. Une forme bilin´eaire f sur Rn Rn est une application × f : Rn Rn R : (x,y) f(x,y) × → 7→ telle que pour tous a et b Rn, les applications partielles ∈ f(a, ) : Rn R : y f(a,y) · → 7→ f( ,b) : Rn R : x f(x,b) · → 7→ soient lin´eaires. La forme bilin´eaire f est dite sym´etrique si f(x,y) = f(y,x) pour x et y Rn. ∈ Le premier exemple fondamental de forme bilin´eaire est le produit scalaire euclidien. D´efinition 8. Le produit scalaire euclidien des vecteurs x et y de Rn est le nombre r´eel not´e < x,y > et d´efini par < x,y >= x y + +x y . 1 1 n n ··· Le produit scalaire pourra aussi ˆetre ´ecrit sous la forme d’un produit matriciel < x,y >= xT y = yT x ou` xT est la matrice ligne de taille (1,n) xT = x ...x 1 n (cid:2) (cid:3) 8 appel´ee matrice transpos´ee de la matrice colonne de taille (n,1) x 1 . x = .. .   x n   De fac¸on g´en´erale la matrice transpos´ee de la matrice A de taille (p,n) est la matrice de taille (n,p) not´ee AT dont les cœfficients sont d´efinis par AT = A . ij ji Pour x Rn et y Rp on a alors ∈ ∈ < Ax,y > =< x,ATy > p n ou` < , > est le produit scalaire euclidien de Rp et < , > est le produit scalaire p n euclidi·en· de Rn. · · Comme pour les applications lin´eaires on a la repr´esentation matricielle suivante : Proposition 9. Soit f une forme bilin´eaire sur Rn Rn. Alors il existe une unique matrice A de taille (n,n) telle que pour x et y Rn on ait× ∈ f(x,y) =< Ax,y > . Cette matrice A est alors appel´ee la matrice repr´esentative de l’application bilin´eaire f relativement `a la base canonique de Rn. La forme bilin´eaire f est sym´etrique si et seulement si sa matrice repr´esentative A est sym´etrique, c’est-`a-dire si A = A pour i,j = 1,...,n. ij ji La matrice A est la matrice de taille (n,n) ayant pour cœfficients A = f(e ,e ). ij j i Ainsi pour x et y Rn ∈ n f(x,y) = A x y . ij j i i,j=1 X Exemple. La matrice repr´esentative du produit scalaire euclidien est la matrice identit´e. D´efinition 10. Une forme quadratique f sur Rn est une application f : Rn R : x f(x) → 7→ telle que 1 - f(λx) = λ2f(x) pour λ R et x Rn, ∈ ∈ 2 - l’application φ : (x,y) f(x+y) f(x) f(y) 7→ − − est une forme bilin´eaire sur Rn Rn. × 9 On a la repr´esentation matricielle suivante : Proposition 11. Soit f une forme quadratique sur Rn. Alors il existe une unique matrice sym´etrique A de taille (n,n) telle que pour x et y Rn on ait ∈ f(x) =< Ax,x > . Cette matrice A est alors appel´ee la matrice repr´esentative de la forme quadratique f relativement `a la base canonique de Rn. 2. Propri´et´es topologiques de Rn 2.1. Normes sur Rn D´efinition 12. Une norme sur Rn est une application de Rn dans R not´ee : Rn R : x x k·k → 7→ k k telle que 1 - (positivit´e) x 0 pour x Rn et x = 0 si et seulement si x = 0, 2 - (in´egalit´e trkiankg≥ulaire) x+∈y xk +k y pour x et y Rn, 3 - (homog´en´eit´e) λx = kλ x kp≤oukr xk Rknket λ R. ∈ k k | |k k ∈ ∈ L’espace vectoriel Rn muni d’une norme sera dit un espace vectoriel norm´e (e.v.n. en abr´eg´e) et not´e (Rn, ). k·k k·k En particulier l’in´egalit´e triangulaire implique l’in´egalit´e suivante souvent utilis´ee x y x y . |k k−k k| ≤ k − k D´efinition 13. Deux normes et ∗ sur Rn sont dites ´equivalentes s’il existe deux constantes C et C > 0 telles qku·ekpourkx·k Rn 1 2 ∈ C x x ∗ C x . 1 2 k k ≤ k k ≤ k k Exemples. Pour x = (x ,...,x ) on pose 1 n n n 1 kxk1 = |xi|, kxk2 = x2i 2 =< x,x >12 , kxk∞ = sup |xi|. i=1,...,n Xi=1 (cid:16)Xi=1 (cid:17) Alors les applications sont des normes sur Rn pour p = 1, 2, et ces normes sont p ´equivalentes car pour tko·ukt x Rn on a ∞ ∈ 1 x x x , 1 2 1 √nk k ≤ k k ≤ k k x x n x , ∞ 1 ∞ k k ≤ k k ≤ k k x x √n x . ∞ 2 ∞ k k ≤ k k ≤ k k 10 Pour la norme , appel´ee norme euclidienne, on a en particulier 2 k·k Proposition 14. Pour x et y Rn on a ∈ 1 - (in´egalit´e de Cauchy-Schwarz) < x,y > x y , 2 2 2 - (´egalit´e) < x,y > = x y| si et seu|l≤emkenkt ski,kpour x = 0, il existe λ R tel 2 2 | | k k k k 6 ∈ que y = λx. D´emonstration. On suppose que x = 0 et donc x = 0. Pour λ R on a 2 6 k k 6 ∈ λx+y 2 = λ2 x 2 +2λ < x,y > + y 2. k k2 k k2 k k2 Par suite pour tout λ R on a ∈ λ2 x 2 +2λ < x,y > + y 2 0. k k2 k k2 ≥ Le discriminant de ce trinˆome est donc n´ecessairement 0, ce qui implique l’in´egalit´e de ≤ Cauchy-Schwarz. Si l’´egalit´e a lieu dans cette in´egalit´e, c’est-`a-dire si le discriminant du trinˆome est nul, il existe alors λ R pour lequel ce trinˆome est nul, c’est-`a-dire λx+y 2 = 0 soit y = λx. ∈ k k2 − ⋄ Il est tr`es commode de pouvoir traduire certaines propri´et´es d’un e.v.n. (Rn, ) `a l’aide de suites de points de Rn.On suppose connues les propri´et´es sur les suites de nokm·kbres r´eels. D´efinition 15. Une suite de Rn est une application de l’ensemble N des nombres entiers naturels dans Rn N Rn : k x . k → 7→ Une telle suite est not´ee (x ) ou (x ) ou (x ). k k≥0 k k k Si (k ) est une suite strictement croissante de nombres entiers, la suite (y ) d´efinie j j≥0 j j≥0 par y = x est dite une sous-suite ou suite extraite de la suite (x ) et not´ee (x ) j kj k k≥0 kj j≥0 ou (x ) ou (x ). kj j kj D´efinition 16. Soit (x ) une suite de Rn. On dit que la suite (x ) est convergente dans k k k k l’e.v.n. (Rn, ) s’il existe x appartenant `a Rn tel que pour tout ε > 0 il existe un entier k·k K > 0 tel que x x ε pour tout k K. k k − k ≤ ≥ Cet ´el´ement x est alors unique. On dit que la suite (x ) converge vers x dans l’e.v.n. k k (Rn, ), que x est la limite de la suite (x ) et on note k k k·k lim x = x. k k→∞ Autrement dit la suite ( x x ) converge vers 0 dans (R, ). k k k − k |·| On va ´etendre le th´eor`eme de Bolzano-Weierstrass pour les suites born´ees de nombres r´eels au cas des suites de points de Rn born´ees dans l’e.v.n. (Rn, ). ∞ k·k

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Université Paris Dauphine. DEMI2E 2e année. Année 2010-2011. Calcul différentiel et optimisation I. François BOLLEY
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